NOSFERATU

NOSFERATU
Louis DeWray: Voice
Damien DeVille: Lead Guitar
Nevyn: Bass Guitar
Chrys Columbine: Keyboards / Piano / Vocals
Eddie McEvil: Drums 6: Rhthymn Guitar

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# Posté le lundi 16 juillet 2007 11:46

SOUTHERN DEATH CULT

SOUTHERN DEATH CULT
Southern Death Cult voit le jour en Angleterre en 1981 et est mené à l'époque par Ian Lindsay (alias Ian Astbury). Composé également de Haq Quereshi (batterie), Barry Jepson (basse) et David Burrows (guitare), Southern Death Cult ne publiera qu'une poignée de titres explorant les horizons du goth rock avant de se disloquer dès 1983... et de resurgir dès l'année suivante sous le nom de The Cult.

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# Posté le lundi 16 juillet 2007 11:59

X-MAL DEUTSCHLAND

X-MAL DEUTSCHLAND
Formé à l'aube des années quatre-vingts dans le nord de l'Allemagne, X-Mal Deutschland est l'un des groupes fer de lance de la jeune scène post-punk allemande. La mouvance qui se développe alors est une reaction contre les ectoplasmes mous issus des années soixante-dix : rock progressif, krautrock, space rock... toutes ces tendances qui avaient permis pendant dix longues années une supréamatie allemande avec des groupes aussi divers que Can, Tangerine Dream, Popol Vuh, Cluster, Neu, Faust... Outre cette répulsion épidermique à l'encontre des dinosaures planants, cette nouvelle scène développe une musique moins immediate et éphémère que le punk dont elle est pourtant issue. En effet Einsturzende Neubauten (aussi signés sur ZickZack Records) ou X-Mal Deutschland ne proposent pas seulement de faire table rase du passé de façon nihiliste, mais offrent une nouvelle forme d'expression: reconstrulre en détruisant pour Einsturzende Neubauten, créer une forme poétique écorchée vive pour X-Mal Deutschland. Si les deux groupes vont suivre des directions totalement différentes: industrielle pour l'un, plus ou moins gothique pour l'autre, leurs exigences de déprrt marqueront durablement une rupture dans l'histoioe de la musique allemande.

Zu Yung Zu Alt (1980-1982)
La première formation regroupe: Anja Huwe (chant), Fiona Sangster (claviers), Wolfgang Ellerbrock (basse), Manuela Rickers (guitares) et Manuela Zwingman (batterie). Cette dominante féminine provoque une sorte d'effet catalyseur au niveau médiatique. Alors que Nina Hagen, Lene Lovitch, The Passions, Au Pairs, Siouxsie and the Banshees occupent le devant le plus souvent du fait du caractère charismatique des chanteuses, X-Mal Deutschland se présente comme un bloc uni, nettement moins glamour que les rebelles sus-citées. Un 45 tours Schwarzwelt (monde noir) et un maxi devenu mythique Incubus Succubus (première version) suffisent au groupe pour définir son univers; il sera noir acéré et glacé. Amour, mort, succubes, chair et sang mêlés font des textes de X-Mal Deutschland un miroir décadent des tourments de la fin du XIX eme siècle. Les visages creusés, les yeux cernés de noir, les chevelures tentaculaires des cinq membres ne focalisent pas I'attention outre mesure, c'est leur musique seule qui stupéfie assaillant les sens par d'incessantes ruptures éléctrocutées qui cisaillent et bercent brutalement provoquant montées d'adrenaline, désordre nerveux et trépidations. A cette époque, les concerts du groupe produisent un choc sonore, hybridation étrange entre goth-ska-punk déjanté tribal et cinglant. Les réactions ne se font pas attendre et le label 4AD (regroupant à l'époque Modern English, Bauhaus, Birthday Party et Cocteau Twins) les signe. La sauvagerie sonore et vocale, les cavalcades tribales ou martiales de la batcave naissante sont les premiers échos de la musique gothique. En Angleterre, Play Dead, UK Decay, Theatre 0f Hate, Virgin Prunes et Killing Joke sont une réponse vitale et barbare à la normalisation électro-pop qui s'opère (Depeche Mode, Fad Gadget, O.M.D....) en haut des charts indies. En signant X-Mal Deutschland, Ivo apporte à l'Angleterre un colIectif farouche qui va rapidement devenir un élément de cette rébellion musicale.


Sous le sceau de 4AD (1983-1984)
Virtuellement l'album existe déjà, les titres sont prêts, mais 4AD préfère lancer le groupe avec un maxi afin de créer une dynamique autour des obscurs allemands. Qual sort donc début 1983, le titre est une version remixée par le duo infernal lvo / John Fryer d'un morceau du futur album. La maestria dont font preuve les deux compères rend le titre explosif, tout en lui enlevant une part de sa violence abrasive; les deux titres de la face B sont quant à eux dans la droite lignée de la période allemande du groupe; concis et incisifs. A noter la superbe pochette de Vaughan Oliver qui met en valeur quelques outils de dissection et de chirurgie, à l'image du son du groupe manipulé par 4AD. Fetisch sort peu de temps après, il contient tout ce qui fait la force du groupe depuis ses débuts: l'agressivité, la vitalité convulsive des rythmes, un chant unique entre aboiement lyrique et envolées sanglantes. Aucun répit dans cet album, seule une tentative expérimentale Danthem vient tempérer le rythme au profit d'une tension triturante non moins implacable. Quinze ans plus tard, Fetisch reste l'incarnation vinylique la plus pure de X-Mal Deutschland. Le disque marque hélas la fin de la collaboration avec Manuela Zwingman (batterie), un changement qui se révélera important dans I'orientation musicale du groupe dès 1984. Le succès critique et public de X-Mal Deutschland permet à 4AD d'envisager la réédition de Incubus Succubus (titre culte dans les soirées batcave), en fait Ivo et John Fryer vont en profiter pour remixer le morceau en deux versions (7" et 12") qui vont rapidement éclipser l'original. La face B, Vito, plus anecdotique est une vague expérimentation qui manque dc concision. Incubus Succubus II est aussi le premier pas de X-Mal Deutschland vers la métamorphose; le son y est plus clair, brillant et explosif; les guitares moins abrasives.
Ce changement n'a pourtant rien d'inquiétant car il entraine le groupe vers des terres moins défrichées et tout anssi artistiquement exigeantes.
Tocsin, le deuxième album paraît en 1984, enveloppé dans une superbe et glaciale pochette bleutée représentant des ailes (d'anges?). Musicalement, les morceaux sont dans la lignée des précédents, mais au niveau de la production sonore et de l'utilisation des instruments, beaucoup de choses ont changé. Ainsi, Peter Bellendir le nouveau batteur impose un jeu moins tribal, privilégiant un aspect martial brillant et métallique. Le clavier est à la fois plus présent et moins lugubre, il soutient les envolées lyriques éthérées de l'album. Le chant quant à lui est moins haché, fluide et céleste il se pare des pâleurs de la mélancolie. Au romantisme noir et sanglant des débuts, succèdent des atmosphères de givre aux reflets nacrés. Aérien, lumineux et glacé, Tocsin fait écho aux paysages pétrifiés par l'hiver aux aurores livides où délaissés par les créatures nocturnes, les lieux paraissent n'avoir jaimais été habités.

Viva el matador ! (1985-1987)
Conscient du potentiel du groupe, Ivo (mentor du label 4AD) a le malheur de leur annoncer qu'ils sont libres, s'ils le désirent, de choisir une structure plus importante, 4AD ne pouvant les soutenir davantage sur le plan promotionnel. Malentendus, crises, critiques se succèdent donnant lieu an départ de X-Mal Deutschland. Hélas, cette incompréhension ne profite guère au groupe qui signe coup sur coup sur Red Rhino pour le maxi Sequenz en Août 1985, puis sur Polygram (via la subdivision XILE). La confusion est à son comble, mais malgré tout le groupe propose des titres musicalement parfaits Jahr und Jahr, Autumn ou Polarlicht. Une Peel session enregistrée en avril 1985 parait dans le même temps regroupant ces trois titres et Der Wind. Il faut attendre 1986 pour que X-Mal Deutschland connaisse à nouveau les faveurs du public, le temps d'un single Matador décliné en multiples versions. Echevelé et claquant, le titre a un impact direct indéniable; pourtant la production semble avoir été un peu assujettie à des pressions commerciales... La face B contenant les titres Paho et 4, réconcilie par sa qualité. Le reste de l'année 1986 est nécessaire pour mettre au point le futur album. La maturation plus lente que par le passé va donner lieu à des titres qui se révèlent moins facilement, cachés sous une production sonore somptueuse, mais glaciale et parfois transparente. Ce n'est qu'en 1987 que sort Viva dans une relative indifférence comparée aux précédents disques. Malgré les remarques énoncées précédemment, cet album réserve avec le temps des plaisirs incomparables. Le timbre de la voix enturbanné de mélancolie, la musique parfois océanique souvent parcourue de vents froids sont à la fois maîtrisés et irrésolus; l'ensemble tissant un songe digne de Caspard David Friedrich figurant "Les Hauts de Hurlevent". A la même époque, le maxi Sicklemoon fait perdurer ces atmosphères embrumées avec un inédit somptueux: In Onyx. Mais telle une malédiction, une lente désaffection s'opère dans les rangs du public, perdus au milieu du naufrage de la new-wave devenue sujet de plaisanterie, X-Mal Deutschland cesse de donner signe de vie.

Déliquescenses (1988-1990)
Dans I'indifférence générale, le groupe se disloque comme nombre de formations gothique new-wave. Noyés dans le raz de marrée Madchester où acid-house, baggy et indie rock fricotent puérilement, le temps de quelques ectasy sans extases, dans un univers de fête factice, les affres existentialistes des tenants d'une musique de l'âme sont balayés un à un, ou pire absorbés par les enzymes gloutons de la dance... Avec beaucoup de courage et de pugnacité, Anja Huwe et Wolfgang Ellerbrock reforment X-Mal Deutschland; en Allemagne la dark-wave (qui explosera en 1991) est en germe ce qui favorise ce retour inopiné du groupe. Un peu déboussolés, ils s'attellent à l'écriture d'un album qui n'a pas à pâlir face à ses prédécesseurs. Les titres sont efficaces, enlevés et aériens; par contre le nouveau guitariste manque de sobriété et de tranchant, mais malgré ce changement la cohésion de la nouvelle formation est excellente. Hélas, la production sonore masque les qualités intrinsèques de Devils de par son uniformité; l'ensemble étant revêtu d'un son plat typiquement FM, un peu à la manière du Vision Thing des Sisters Of Mercy ou de Stop the World de Ghostdance à la même époque. Lors de sa parution, les fanatiques du groupe eurent beaucoup de mal à accepter cet aspect; mais avec le recul Devils nous offre la possibilité d'apprécier les derniers échos d'un groupe majeur à la fougue indomptable. La face B du maxi I'll be near you offrant en guise d'adieux une superbe complainte tragique: The girl in the iron mask.
Depuis nul bruit nulle rumeur n'ont filtré quant à un éventuel nouveau projet; disparu sans explications X-Mal Deutschland réapparaît régulièrement grâce à des compilations telles que Gothic Rock (de Mick Mercer) ou encore lors des nombreuses soirées gothiques de France et de Navarre. Les cavalcades rythmiques, la rugosité du chant en allemand de la furie Anja Huwe entraînant dans une même sarabande succubes et incubes d'un soir. Depuis, étrangement aucun groupe n'a suivi les traces de X-Mal Deutschland (même si parfois Dark Orange peut les évoquer), ainsi contrairement aux Sisters, Siouxsie, Dead Can Dance et autres, nulle cohorte de plagiaires stériles ne vient en ternir l'image

source : Article par Stanislas Chapel (Trinity n°3)

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# Posté le lundi 16 juillet 2007 12:05

COLLECTION D'ARNELL-ANDREA

COLLECTION D'ARNELL-ANDREA
Chloé St Liphard (ch)
Franz Torrès-quevedo (gu)
Xavier Gaschignard (violoncell)
Jean-christophe D'arnell (cl & Per)
Carine Grieg (cla)


I Automne et affliction.


Fin 1986, on pouvait lire dans les entrefilets du mythique magazine new-wave L'Equerre (n°5) qu'un jeune groupe du Loiret était en pourparlers avec le label londonien 4AD (DEAD CAN DANCE, COCTEAU TWINS, WOLFGANG PRESS...), et dans le petit fanzine Tropique du cancer de Montargis que ce groupe nommé COLLECTION D'ARNELL-ANDREA d'après ses fondateurs : Jean-Christophe D'Arnell et Eric et Pascal Andrea était l'un des espoirs de la scène cold-wave française. Malgré les attentes du groupe, 4AD ne réagit pas favorablement et c'est un autre label anglais VALOTTE RECORDS qui permet la sortie d'un premier mini album de quatre titres «AUTUMN 'S BREATH FOR ANTON'S DEATH». Nous sommes en 1988 et COLLECTION D'ARNELL-ANDREA impose d'ors et déjà un univers unique, sombre et mélancolique. Les mélodies lancinantes rappellent successivement DEAD CAN DANCE et HEAVENLY BODIES, les lamentations de Chloé St Liphard alliées aux voix masculines tissent un écheveau sonore somptueux. Les synthétiseurs, la basse rampante et la boite à rythmes combinent leur froideur pour saper tout espoir, les sanglots règnent.

En France seuls quelques initiés goûtent les premiers pas du groupe, heureusement le label LIVELY ART (créé par l'un des membres de NEW ROSE) voué aux musiques électroniques, wave et bientôt rattaché au terme «touching pop» est en pleine expansion et ne tarde pas à signer COLLECTION D'ARNELL-ANDREA, en même temps que d'autres groupes prometteurs comme ASYLUM PARTY, LITTLE NEMO... Les parrains du label sont les AND ALSO THE TREES, qui permettent à LIVELY ART de décoller grâce aux ventes de «ET AUSSI LES ARBRES», première référence du label.

«UN AUTOMNE A LOROY» paraît en 1989, ce premier véritable album est un enchantement; un violoncelle rehausse les éléments déjà présents, tandis que la voix de Chloé prend une place déterminante passant du registre lamentatoire à des envolées en échos stratifiées comme chez COCTEAU TWINS occultant la voix masculine des débuts. L'atmosphère automnale et nostalgique qui entoure les photographies de l'abbaye de Loroy se retrouve transcendée lors des concerts où le groupe joue fantômatiquement, Chloé cachée dans l'ombre à la lisière de la scène, Jean-Christophe D'Arnell imposant l'aspect martial des rythmiques sur ses claviers, Carine Grieg (remplaçante de Thierry Simonnet) nappant de ritournelles lunaires la linéarité endeuillée du jeu de basse de Peter Rakoto, enfin Xavier Gaschignard au violoncelle unissant l'ensemble. La projection d'un film sur l'abbaye de Loroy instaure définitivement un climat émotionnel unique.

En 1990, le groupe participe à la compilation «13» de leur label, le titre Anton's mind getting blind est en fait une version retravaillée de Collection du mlp de 1988 avec adjonction du violoncelle. La sortie de la vidéo prolongeant cette compilation intitulée «LOVELY HEART» (en 1991) leur permettra de réaliser un clip de Une attente douleur.


II Nostalgie sinueuse.


A l'automne 1990, «AU VAL DES ROSES» confirme la veine mélancolique du premier album. Esthétiquement la pochette reprend la même structure que le premier album, trait caractéristique du groupe qui ne se démentira pas par la suite; le design confié à Vincent Lacape épouse à la perfection la musique du groupe. La production sonore est à nouveau conduite par le groupe avec Sylvain Leboucher à l'enregistrement. Cette cohésion favorise un aboutissement artistique qui confère à cet album un classicisme extrême conduisant COLLECTION à l'apogée de son style. L'aspect concentrique de l'évolution du groupe dissuade ceux qui nombreux avaient encensé le premier album (presse étrangère et française), seuls les fanzines cold et dark s'enflamment pour ce nouvel album qui demeure aujourd'hui le plus abouti par sa concision, sa cohérence et son intégrité artistique. Une attente douleur, lente complainte funèbre et lumineuse de pureté envoûte et entretient le c½ur d'un murmure déchirant et consolateur.

Les concerts qui suivent proposent désormais des projections multiples d'images anciennes traversant la musique comme des échos nostalgiques et intimes; les rencontres aléatoires entre sons et images alimentent la rêverie éveillée du spectateur. Catherine Marie de OPERA MULTI STEEL ne tardera pas à rejoindre le groupe pour orchestrer ces projections.

Début 1991, le fanzine Prémonition (n°7) offre à ses lecteurs un cds qui contient une version tortueuse et émaillée de guitares de Une attente douleur (Mahan's version); le choc auditif enthousiasme par sa radicalité, les détracteurs reprochant au groupe son immobilisme, rentrent leurs griffes et capitulent. Tout le monde pense au prochain album de COLLECTION, plus personne ne sait à quoi s'attendre.

En 1992, paraît «LES MARRONNIERS», l'inspiration est plus nostalgique que jamais, des bribes de l'enfance sont enlichenées de fragments d'un passé mythique; des arabesques à la basse et dans les rythmes orientalisent l'atmosphère mélancolique de la Sologne. Les choeurs alanguis mêlés à une inspiration décadente et précieuse font des onze titres de l'album une fresque sépia toute entière vouée à l'exaltation des verts paradis enfantins. Le pré dormant inaugure une veine plus immédiatement accessible qui augure de changements futurs. Le bassiste Franz Torres-Quevedo remplace Peter Rakoto.

Des oscillations invisibles préparent une nouvelle période.


III Apreté et tourments.


Alors qu'en France le groupe n'accentue pas sa popularité, en Allemagne ils jouent au festival gothique de Leipzig devant près de 2500 personnes; leur présence sur des compilations dark-wave «THE MYTHS OF AVALON» (TALITHA), «HEAVENLY VOICES PART TWO» (HYPERIUM)... leur offre un public renouvelé issu de toutes les scènes dark d'Europe. Le morceau présent sur la compilation HYPERIUM: L'Aulne et la Mort permet d'apprécier leur nouvelle orientation, le rythme est soutenu, des incursions électriques sirènéennes captent les tourments.1994, «VILLERS-AUX-VENTS (février 1916)» comble enfin les attentes, l'album est entièrement dédié à la Grande Guerre, textes et images renvoient à cet univers d'attente, de mort et de non-sens. Entre temps, leur label LIVELY ART a fait faillite, NEW ROSE tente de survivre au naufrage avant d'être récupéré par WMD; pour COLLECTION alors prisonnier d'un contrat, les opportunités de signer avec des labels comme HYPERIUM s'éloignent (RISE AND FALL OF A DECADE, SPEAKING SILENCE et CLAIR OBSCUR profitèrent de ce moment pour signer en Allemagne). Ainsi, c'est sur une structure bancale que paraît le nouvel album; la promotion est chaotique à cause de tous ces événements, Malgré tout, les échos critiques sont excellents. Les guitares se font omniprésentes: déchiquetées, crissantes ou acoustiques venant contrecarrer l'aspect évanescent des claviers et de la voix; le violoncelle serpente avec rage sur des titres comme Les Cendre-Lisières. Les lancinantes complaintes n'ont pas disparu pour autant, des rythmes incantatoires rappellent les affinités d'autrefois (Les Parvis Déserts), d'ailleurs le titre final L'Ornière ne cesse de dresser des échos majestueux à l'inexorable marche funèbre The protagonist de DEAD CAN DANCE; le choeur final est un sommet, les voix des musiciens relayant Chloé, le violoncelle les unissant de sa voix plaintive. Le mysticisme de ces morceaux n'est pas sans rapport avec la voix passionnée et noyée de lumière de S½ur Marie Keyrouz, voix vivante et pourtant immatérielle à qui Chloé voue un «culte». Hormis l'apparition de guitares qui enrichissent le son du groupe, des titres comme Deaf or Crazy ou Le Ravin des Fontaines sonnent nettement pop et simplistes corrompant en cela la cohésion esthétique de l'ensemble de l'album et laissant craindre un relâchement de l'inspiration; même la voix semble se perdre sur ces titres. Pour la première fois, COLLECTION fait appel à Gilles Martin (MINIMAL COMPACT, DOMINIQUE A...) pour l'enregistrement, ce qui explique peut-être les nouvelles orientations sonores, ou tout au moins une vision différente des possibilités artistiques en studio.

Après une absence de deux ans; fin 1996 l'album «CIRSES DES CHAMPS» rompt le silence de façon tonitruante, pour la première fois le groupe s'émancipe d'une trajectoire jusqu'à lors parfaite en prenant le parti d'opter pour la tendance «dure» de son répertoire: Une attente douleur (Mahan's version) ou encore Les Cendre-Lisières, toutes épines dehors. Le thème choisi d'un herbier allant de L'Ivraie à L'Armoise n'augurait pourtant pas d'une telle violence; même la pochette, une peinture de Nicolas Mécheriki, laissait pressentir des terres de rêveries. La surprise passée, une impression d'asphyxie sonore ressort de l'écoute, tant les morceaux regorgent de fracas soniques de guitares; désormais libéré de la basse (remplacé par Stephan Kehlsen) Franz peut à loisir déchiqueter nos oreilles de ses assauts acides et râpeux. Le jeu de basse est plus doux et ondulant, les rythmiques perdent en rigidité et en sévérité ce qu'elles gagnent en suavité et en dynamisme, la production sonore de Gilles Martin regorge de détails (trop?) qui strient de mille écorchures les atmosphères jadis hiératiques de COLLECTION. L'album est tel un roncier, difficile à franchir d'un trait, les coeurs transis des fanatiques du groupe saigneront plus encore que les autres en parcourant ces terres soudain devenues inhospitalières là où autrefois ils pouvaient s'isoler de la lumière trop crue du jour.

De refuge forestier, la musique de COLLECTION est devenue une lande ravagée par les orages; ne s'enfermant plus dans une adolescence enfiévrée de nostalgie, elle s'érige guerrière farouche et singulière au devant des faux-dieux pantelants qui condamnent la musique à n'être qu'un produit stérilisé.

Le groupe a actuellement deux projets: réaliser un enregistrement plus acoustique dans la lignée de l'album «LES MARRONNIERS» avec piano, voix et violoncelle; et un projet beaucoup plus électrique. Pas de nouvelle, par contre, de la musique qu'ils avaient réalisé pour un film...

Source : Stanislas Chapel (TRINITY n°1)

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# Posté le lundi 16 juillet 2007 12:10

SCARY BITCHES

SCARY BITCHES
Alma Geddon (chant, guitare, basse, claviers), DEADri Ransiid (chant, claviers, saxophone), Haley Chopper (chant, congas, sequencers), Dead Boy (batterie)


SCARY BITCHES s'est formé en 1999. Le designer Dean Blunkell a conçu les costumes bizarres inspiré par les images de 'Lesbian Vampyres from Outer Space'. leur chansons kitshes traitent de loups-garous, de l'inceste, de la nécrophilie et du cannibalisme... Rien que des stéréotypes de l'horreur mais avec un sens de l'humour plus moderne.


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# Posté le lundi 16 juillet 2007 12:21

Modifié le mardi 04 décembre 2007 14:14

BLOODY DEAD AND SEXY

BLOODY DEAD AND SEXY
Rosa Iahn (Vocals, Lyrics), Bjoern Hennigson (Drums, Guitars) and Tim Schande (Bass)

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Bloody Dead & Sexy, une claque aux amateurs du genre glam-rock/deathrock mélodique typiquement US.
Ils sont allemands mais leur c½ur est bel est bien aux Etats-Unis. Leurs morceaux sont renversants, ils auraient pu être une 1ère partie idéale de Christian Death.
Leur musique se fond avec la voix du chanteur, tragique et dramatique.
C'est entre autre avec eux que se fera le revival du genre. Modernité et vieille école leur donne un son unique, apprécié par la nouvelle génération mais aussi par les antagonistes !
Avec leur venue à Nancy, le groupe pourra nous présenter leur nouvel album qui risque d'être une bonne surprise. Mais pour le moment Rosa Iahn nous fait l'honneur de répondre à quelques questions.
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Salut Iahn. Pourrais-tu nous retracer le parcours de Bloody Dead & Sexy à travers ces 7 ans d'existence ?
Iahn : En tant que jeune groupe, cela a été difficile pour nous. Dans l'ensemble la presse nous ignorait et il n'y avait pas vraiment de public pour ce genre de musique. En plus de cela, notre guitariste initial nous a quitté il y a de cela 5 ans, ceci fût une tragédie totale. Mais, par bonheur, avec la résurrection de la scene deathrock et batcave en allemagne notre étoile a trouvé sa place dans les méandres du deathrock. Depuis cela, tout est devenu plus facile pour nous.

Comment avez-vous fait pour monter aussi haut dans les " charts " oldschool-goth ? Grâce à quoi ou qui pensez vous avoir eût tant de succès ?
Iahn : Premierement, je pense qu'il s'agit de l'énergie de nos morceaux, en second cela fut un travail passionnant de certaines personnes qui ont fait la scène deathrock pour qu'elle devienne ce qu'elle est aujourd'hui. Troisièmement, je pense que le net y est pour beaucoup dans la distribution de nos morceaux à travers le monde entier.


Comment avez-vous évolué depuis vos premiers enregistrements et scènes ?
Iahn: Ouh, question difficile. Je ne pense pas vraiment à certains sujets car c'est vraiment une voie intuitive que nous prenons dans notre musique. Je pourrais dire que nous sommes devenus plus expérimentés à travers les années et que nous sommes capables de mieux focaliser notre expression.

Quel est l'esprit de Bloody Dead & Sexy ? Vous sentez-vous proches de la scène " underground " actuelle ?
Iahn: Bloody Dead And Sexy est devenue une grande partie de nos vies. J'arrive à ressentir l'esprit de Bloody Dead And Sexy plus exactement quand nous sommes sur scène au moment où les morceaux commencent à vivre de leur propre vie. Quand le live est bon, nous ne pouvons les contrôler, ce sont les morceaux qui nous contrôlent.

En ce qui concerne la scène underground, nous nous sentons très reconnaissants car on dirait qu'il y a pas mal de personnes qui nous aiment bien et nous supportent. Un groupe n'est rien sans son public.

Pourquoi avoir changé de guitariste ? Est-ce d'ordre privé ou tout simplement une évolution commune que certains membres n'avaient plus envie de suivre ?
Iahn: Comme tout ce qui peut arriver dans une vie, c'est un mélange de tout cela. Depuis la mort de notre guitariste originel qui était avec nous des années même avant notre premier album, cela fut difficile de trouver un guitariste qui comprend notre musique et ce que nous voulons exprimer. Nous sommes fiers d'avoir trouvé Boris l'an dernier.

On dit que vous êtes influencés par les héros du glam rock et par Christian Death. Comment vois-tu cela ?
Iahn : Nous aimons le glam rock et quelques Christian Death. Mais je pense que ces influences sont un peu surévaluées. Il y a tant de choses en plus dans notre musique si vous écoutez sérieusement. Nous essayons vraiment d'être nous mêmes.

Avez-vous personnellement d'autres influences musicales ou artistiques ?
Iahn : J'essaie d'être ouvert autant que je le peux. Tout ce que je peux expérimenter peut m'influencer. La vie est pleine de choses pouvant influencer ton travail.
Ces choses ne sont pas forcément de nature artistique mais peuvent aussi être des choses triviales et superflues auxquelles tu ne fais pas attention du 1er coup. Tout comme la tête de George Bush par exemple.

Nous attendons avec impatience la sortie de votre nouvel album prévu pour fin mai/début juin " Narcotic Room ". Comment pourrais tu le décrire ?
Iahn : Je pense qu'il est plus mature que 'Paint it Red'. Nous aimons vraiment beaucoup notre 1er album mais 'Narcotic Room' est l'album que nous avons toujours voulu faire. Je pense qu'il est plus mélodique et plus détaillé.

Sera-t-il vraiment différent de " Paint It Red "? Nous apprenons que diverses contributions y apparaissent ? Aurais-tu plus de détails ?
Iahn: Comme je disais, il est différent de 'Paint it Red' mais il n'est pas complètement innovateur. Je pense que tu peux voir un fil conducteur entre les deux albums.
Nous sommes vraiment fiers que Stevyn Grey - batteur de Frankenstein - joue sur deux morceaux de notre album.
Il y aura aussi une version limitée de notre album qui aura un CD supplémentaire contentant une version de "Monstertanz", morceau de 1983 du groupe Hans-A-Plast. Leur chanteuse originelle, Annette Benjamn le chante pour nous.
Quelles sont les choses qui te révoltent, que ce soit dans votre vie de musiciens ou en tant que citoyens ?
Iahn: Oh Mon Dieu ! Il y a tant de choses, vraiment. Si je commence à penser à certaines choses, je vais m'enfoncer dans un mauvais trip.... Passons à la question suivante si cela ne te dérange pas.
Quelle est ta couleur de chaussettes préférée et pourquoi ?
Iahn: Ca c'est de la question !!!! Noir !!! J'aime tout ce qui est noir.

Un dernier mot aux fans français ? Merci.
Iahn : Nos fans français sont les meilleurs, vraiment. L'unique show que nous ayons pu faire en France jusqu'à présent ce fut à Bourg en Bresse il y a de cela 2 ans. Grâce à nos amis, cela était un concert assez fou, sûrement l'un de nos préférés. J'espère vraiment revoir bientôt quelques visages familiers. Merci pour cette interview sympa.
Interview Réalisée par ErszebetX

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# Posté le mardi 17 juillet 2007 06:08

THE BREATH OF LIFE

THE BREATH OF LIFE
Isabelle Dekeyser : voix
Philippe Mauroy : guitares + drum programming...
Giovanni Bortolin : claviers + violon
Benoît Sokay : basse


Apparu à l'aube des années 90, le groupe belge BREATH OF LIFE a su au fil des ans se construire un style reconnaissable entre tous : virevoltant, trépidant et onirique.

En 1991, une démo contenant la première version de Leaving in a dream (qui sera revu en 1996 et présenté sur « HEXFILES vol.1 » la compilation de Mick Mercer) révèle le groupe, la filiation SIOUXSIE/COCTEAU TWINS est alors sous-jacente.

Dès 1992, BREATH OF LIFE réussit à produire un premier album « PAINFUL INSANITY », le succès est significatif pour le public d'initiés à la musique gothic-wave. Il s'en suit une tournée qui est immortalisée par un « LIVE IN PRAHA'92 » qui met en valeur l'aspect énergique, frénétique et orageux du groupe sur scène. La voix d'Isabelle Dekeyser est encore farouche et rude, l'énergie devançant parfois la mélodie. Sur le plan musical cette première période est plus ouvertement gothique, les morceaux sont empreints d'une noirceur rampante où l'envol lyrique est une notion encore précaire.

Fin 1993, le groupe s'attelle à la réalisation de son second album « TASTE OF SORROW ». Le son plus vaste, la densité et la profondeur de la production de Gilles Martin alliée à des compositions enivrantes font de ce disque une collection de titres incontournables : le sinueux Shining (précurseur du style actuel de B.O.L.), l'ondoyant « cocteauesque » The sun, le trépidant Nasty cloud, le frémissant Strings of pearls.

Un contrat avec HALL OF SERMON (le label de LACRIMOSA) ouvre les portes d'une distribution européenne et mondiale. Cette situation rend possible la sortie d'un single « SHINING », où le morceau titre est accompagné de deux inédits.

Le groupe continue à accroître son auditoire, ses multiples apparitions sur des compilations lui procurant une renommée cruciale ( « L'APPEL DE LA MUSE »... « HEX FILES »).

Durant l'été 1995, BREATH OF LIFE va donner vie au successeur de « TASTE OF SORROW », un album intitulé « LOST CHILDREN » qui confirme et entérine l'orientation de plus en plus personnelle du groupe : une musique colorée, aérienne, frénétique et lancinante qui à la manière de COCTEAU TWINS défriche un territoire vierge propice aux émotions et aux frissons. Musique du c½ur et de l'épiderme, caressante, urticante et enjôleuse où les mélodies enlacent inexorablement délivrant toujours plus de volupté. Impromptu, Hazy wish ou Nightfall agissant comme autant de philtres magiques ; la basse tournoyante, le violon obsédant, les guitares striantes et la voix ensorcelante, farouche et folle condamnant sans condition l'auditeur à laisser céder les derniers remparts de son c½ur ou à fuir sans délai.

En 1998, la parution de « SWEET PARTY » (cf : chronique TRINITY n°3), le meilleur album du groupe à ce jour devrait être décisive à une époque où COCTEAU TWINS meurt « à petit feu » et ou COLLECTION D'ARNELL ANDREA réaménage radicalement son univers sonore, BREATH OF LIFE poursuivant son itinéraire loin des genres figés dans des poses, des attitudes et des intégrismes oxydants.

Une musique enivrante, lumineuse et intrépide à la fougue adolescente enveloppée de délicats lés de brume : un écrin pour les hautes tristesses de l'enfance perdue, le réceptacle sonore d'ineffables instants de pur bonheur.

Source : Stanislas Chapel (Trinity n°4)

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# Posté le mardi 17 juillet 2007 06:17

BAUHAUS

BAUHAUS
Peter Murphy : Vocals
Daniel Ash : Guitar
David J : Bass
Kevin Haskins : Drums


STIGMATES ET MORSURES

Northampton, fin des années soixante-dix, deux «frères» taciturnes, David Jay (Jay deviendra J.) et Kevin Haskins se joignent à deux adolescents fantasques, Daniel Ash et Peter Murphy. Quelques mois plus tard, le projet BAUHAUS prend pour la première fois une forme musicale : les premiers titres sont cinglants et hypnotiques, non loin de la violence du post-punk avec déjà une dimension autre : une théâtralité héritée du rock décadent des divines créatures glamour (Bowie, Bolan, voire le early-ROXY MUSIC avec Brian Eno).

Avec la naissance de labels indépendants structurés grâce au cataclysme punk (Beggars Banquet, Factory...), les jeunes groupes n'hésitent plus à proposer leurs démos sans chercher à se fourvoyer dans les ornières du rock commercial formaté. C'est ainsi que nombre de cassettes arrivent chez Factory ou Beggars Banquet par l'entremise de leur magasin londonien. Par une coïncidence étrange, trois des futurs grands noms de la new-wave, BAUHAUS, MODERN ENGLISH (qui signe avec «Drowning man» son premier 45 tours) et THE CURE se retrouvent sur le minuscule label Small Wonder. Pour BAUHAUS le premier pas discographique n'a rien d'anecdotique puisqu'il s'agit du maxi «BELA LUGOSI'S DEAD» avec en face B une ébauche de Boys, un titre court et acéré. Un claquement métronomique sur un rythme sud-américain transformé au gaz fréon, un jeu de basse économe et souple, tous les éléments sont en place pour accueillir la voix de Peter Murphy : ténébreuse et grinçante, improbable rencontre entre l'une des plus folles incarnations de Lon Chaney et Belà Biasko (alias Lugosi). Vingt ans plus tard ce drôle de titre, bancal, elliptique et interminable continue de stupéfier ; véritable pierre philosophale à l'origine de toute l'alchimie gothique.

«O Bela ! Bela the undead !»

SOUS UN MASQUE INCANDESCENT

Une démo circulait avant ce maxi et circule encore à l'aube de l'année 1980, Pete Kent alors codirecteur du label naissant 4AD (avec Ivo Watts-Russell) signe le groupe sur la fois de ces titres et d'incandescents concerts. Coup sur coup, le groupe sort trois singles ( «DARK ENTRIES», «TERROR COUPLE KILLED COLONEL» et «TELEGRAM SAM») et un album («IN THE FLAT FIELD»). Le succès imprévisible de BAUHAUS va entériner la rupture avec 4AD (sorte de laboratoire d'expérimentation pour la maison mère Beggars Banquet) en effet, selon la clause qui les lie à Beggars Banquet, ils doivent laisser partir les groupes les plus prometteurs (ainsi BAUHAUS quittera 4AD pour Beggars Banquet dès la fin 1980). C'est le début d'une très longue histoire qui n'aura pourtant duré effectivement que quatre années, de 1979 à 1983.

1981 va être l'année de transition entre le style écorché vif des débuts et la théâtralité schizophrénique à venir. L'album «MASK» est le témoin de ce grand écart, des titres acérés comme Hair of the dog côtoyant de lentes manifestations incantatoires comme Mask.

ICARE FOUDROYE

Il faut attendre l'année 1982 pour découvrir ce qui restera comme le chef d'½uvre incontesté du groupe : l'album «THE SKY GONE'S OUT». Apparemment assagi mais profondément perturbé, le quatuor y affine son style, ouvrageant jusqu'à l'excès les structures des morceaux, démantelant les velléités accessibles du glam-rock (au diable Marc Bolan et son Telegram sam, c'est Brian Eno et son pernicieux Third uncle qui sont honorés sur cet album...), invoquant avec une acidité venimeuse leur audience sur Spirit, proclamant tel un manifeste intemporel All we ever ever wanted was everything.

Année excessive : de concerts mémorables en singles indispensables («LAGARTIJA NICK», «SEARCHING FOR SATORI»...), de succès insoupçonnables («ZIGGY STARDUST» le plus grand «hit» de leur carrière) en manifestations d'humeur chez chacun des membres (se soldant par des projets solo, le maxi «TONES ON TAIL» de Daniel Ash, le 45 tours de David Jay avec le dadaïste René Halkett, tous deux sur 4AD), BAUHAUS crépite, flamboie et vacille, zombie lunaire agité de spasmes.

La confusion de l'année précédente n'aura en rien appauvri l'inspiration du groupe, le single «SHE'S IN PARTIES» est certes plus abordable pour les oreilles des journalistes anglo-saxons, mais BAUHAUS n'a pas encore rendu son dernier soupir. L'album «BURNING FROM THE INSIDE» souffre certes d'une production un peu trop claire et aérée, mais des titres comme Burning from the inside ou Antonin Artaud n'ont rien à envier aux sombres exactions du passé. L'effritement du groupe devient malgré tout manifeste et à l'annonce du concert prévu le 5 juillet 1983 à l'Hammersmith Palais de Londres, beaucoup soupçonnent d'ors et déjà que cette performance scénique scellera l'histoire de BAUHAUS. Alors que dix-sept titres ont été joués, un rappel de six titres contenant les mythiques Bela Lugosi's dead, Hair of the dog, Double dare, Boys, In the flat field et God in an alcove clôture définitivement la carrière du groupe sur un message sans ambiguïté
«Rest in peace».

TOMBEAU ENTROUVERT

Des années durant, lives semi-officiels, pirates, compilations et «tribute to» viendront régulièrement réanimer le corps immortel de BAUHAUS, ces quelques gouttes de sang neuf suffisant à transmettre l'héritage de générations en générations. Bénéficiant d'une aura comparable à celle de JOY DIVISION, ce grand sommeil ne pouvait être fatal à BAUHAUS.

L'annonce, au printemps 1998, d'une reformation en vue de concerts fut la preuve la plus flagrante de cet étrange pouvoir, de cette persistance mesmérisante.

«Quelques concerts et plus si affinités...». Joie incommensurable pour ceux qui n'ont jamais eu l'occasion de voir BAUHAUS en concert, critique a-priori de puristes qui subodorent une réunion à but essentiellement lucratif. Cet événement intitulé, non sans humour, «Resurrection tour» n'a de post-mortem que le nom puisque aucun des quatre membres de BAUHAUS n'a jamais cessé d'enregistrer des disques. En moins de vingt ans, ils auront sorti (BAUHAUS compris) près de cent disques (albums, singles...). Musiciens actifs et vivants, plus que dinosaures survivants ; ceux qui ont suivi les pérégrinations de ses membres le savent, il ne manquait souvent qu'une chose : des musiciens sobres et inspirés pour Peter Murphy (qui tout au long de sa carrière solo a rarement trouvé l'équilibre musical voguant indistinctement entre pop sombre, ouvragée et pop indigeste), un chanteur charismatique et envoûtant pour LOVE AND ROCKETS (même si Daniel Ash et David Jay affirment un style vocal suave original et digne).

Source : Stanislas Chapel (Trinity n°4)

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# Posté le mardi 17 juillet 2007 06:21

JOY DIVISION

JOY DIVISION
Joy Division était un groupe anglais, composé de Ian Curtis (chant), Peter Hook (basse),
Stephen Morris (batterie) et Bernard Albrecht (alias Sumner, guitare).


Chapître I - Origines (The Stiff Kittens & Warsaw) :

En 1976, le mouvement punk fit brutalement irruption et tira la musique pop de son apathie. Les
leaders du mouvement furent les Sex Pistols, dont les titres fameux , comme "Anarchy in the UK" ou
"God save the Queen", allaient être les hymnes de cette génération du "no future" . La plupart des
musiciens punks ne savaient pas jouer, mais ne voyaient pas cela comme un obstacle pour atteindre
leur but : monter sur scène et hurler leur rage à la face du monde !
Beaucoup étaient influencés par de célèbres groupes cultes de la fin des années 60 et du début des
années 70 : Le Velvet Underground, Lou Reed, David Bowie, Alice Cooper, Les Stooges, Iggy Pop, Les Doors, etc...

Pendant la tournée Anarchy in the UK, les Pistols jouèrent à Manchester le 4 juin. Dans le public ce
soir là se trouvaient trois jeunes gens vivant dans les environs de Manchester : Peter Hook et Bernard
Albrecht, deux copains d'école, ainsi que Ian Curtis. Quelques jours plus tard, Peter et Bernard
décidaient de monter un groupe, avec Peter à la basse et Bernard à la guitare; ils engagèrent Terry
Mason comme batteur, mais avaient besoin d'un chanteur. Pour en trouver un, ils passèrent une offre
au magasin de disques Virgin de Manchester. Ian y répondit et devint le chanteur du groupe, appelé
alors the Stiff Kittens. Il devait également écrire les textes des chansons.

Ils répétèrent beaucoup durant quelques mois, et composèrent leurs premières chansons, dans le
plus pur style punk. En mai 1977 le groupe changea son nom en Warsaw (en référence à "Warszawa"
de Bowie) et Terry fut remplacé par Tony Tabac. Un mois plus tard, Tony quittait le groupe et Steve
Brotherdale prenait sa place. Ce fut à ce moment que Paul Morley du NME et que le DJ Rob Gretton
découvrirent le groupe et perçurent son remarquable potentiel. Warsaw enregistra une cassette de
démo incluant cinq chansons aux Pennine Sound Studios en juillet, mais Steve quitta le groupe
quelques jours après.
Finalement, Stephen Morris rejoignit le groupe. En octobre, ils jouèrent à l'Electric Circus, qui devait
fermer, avec The Fall et The Buzzcocks. Quelques morceaux furent enregistrés par Virgin comme
témoignage de la scène punk de Manchester.

En décembre, ils enregistrèrent quatre titres, qui devaient apparaître plus tard sur "An Ideal For
Living". En janvier 1978 le groupe changea de nouveau de nom pour s'appeler Joy Division, pour éviter toute confusion avec un autre groupe. Ils répètèrent intensément et composèrent de nouvelles
chansons. Le 14 avril , ils participèrent avec 16 autres groupes à un concours : Tony Wilson, qui
travaillait pour la chaîne Granada TV, et Rob Gretton furent grandement impressionnés par leur
performance.

Chapître II - Naissance d'une légende (Joy Division - Factory) :

Joy Division entra en studio pour l'enregistrement de onze titres avec le label RCA. Pour la première
fois, ils ne sonnaient pas comme tous les autres groupes punks. Mais certaines modifications faites
par le producteur, et les conditions du contrat avec RCA leur déplurent.
Pour cette raison le 21 mai, Bernard put faire de Rob le manager du groupe. Le 8 juin, Tony ouvrait
un club à Manchester, appelé The Factory I (d'après le nom du Factory de Warhol). Peter Saville, un
jeune artiste local, conçut une affiche pour l'événement, et Joy Division sembla plein de promesses à
beaucoup de critiques.

Ils répètèrent tout l'été ce qui eut pour effet immédiat de faire mûrir leur musique. Avec l'aide de
Rob Gretton, ils purent empêcher la sortie du disque de RCA (qui devint plus tard le pirate
"Warsaw"). Du fait de toutes ces répétions et de tous ces concerts, ils s'étaient considérablement
améliorés, et les critiques comme le public étaient de plus en plus impressionnés. Le 20 septembre,
ils passèrent sur Granada TV en live, et décidèrent de jouer "Shadowplay", un de leurs titres récents.
Ils donnèrent un autre concert à the Factory où des exemplaires gratuits de "An Ideal for Living"
furent distribués aux journalistes. Ce fut à cette occasion que les routes de Martin Hannett et de Joy
Division se croisèrent pour la première fois.

A la fin de 1978, Tony Wilson et Alan Erasmus, un acteur de théâtre , fondèrent une maison de
disques appelée "Factory Records", qui deviendra le label indépendant le plus célèbre et créatif de
son époque. Peter Saville fut choisi comme designer, et Martin Hannett comme producteur.
En octobre, Hannett produisit deux titres de Joy Division, qui apparurent sur une compilation
appelée "A Factory Sample". Les mois suivants, Rob Gretton organisa des concerts à Manchester,
Leeds, Liverpool, Canterbury, Bristol, York et Londres, et le groupe commença à se créer un véritable
public. Ils durent cependant faire face à un problème sérieux, car Ian était maintenant victime de
crises d'épilepsie.

Le 31 janvier 1979 , ils enregistrèrent quatre morceaux pour John Peel, DJ sur BBC Radio 1. Cette
Peel session fut diffusée deux semaines plus tard, et suivie d'un autre concert à Londres, puis d'une
scéance d'enregistrement avec le label WEA, et enfin d'autres concerts, avec The Cure.
Sur scène, Joy Division avait quelques caractéristiques spéciales : ils choisissaient les chansons qu'ils
allaient interpréter juste avant le début du spectacle, et ils jouaient avec très peu de lumière à cause
de l'épilepsie de Ian.

Chapître III - Unknown Pleasures :

Rob Gretton et Tony Wilson se mirent d'accord pour produire le premier album du groupe. Joy
Division répéta quasiment jour et nuit tout le mois d'avril, et composa environ quinze nouvelles
chansons. Avec Martin Hannet ils travaillèrent intensément sur "Unknown Pleasures". Les dix titres
sont remarquables, de par la musique et les paroles bien sûr, mais aussi grâce à l'apport incontestable
de Hannett qui sut les entourer d'une aura particulière. L'atmosphère, le son des morceaux sont
oppressants, sombres et claustrophobes, mais en même temps puissants, émouvants, et éclatants.

Puis ils reprirent la route, jouant en Angleterre avec Orchestral Manoeuvres In The Dark et quelques
autres, et enregistrèrent plusieurs titres pour une radio locale, Piccadilly Radio.
L'impact et le renom de Joy Division grandissait rapidement, même s'ils refusaient les interviews de
façon presque systématique - pensant que leur musique parlait parfaitement pour eux. Ils n'avaient
pas de promotion publicitaire : simplement des concerts, des concerts et encore des concerts, surtout
dans la région de Manchester.
En juillet 1979 parut "Unknown Pleasures", dans sa pochette noire, agrémentée d'un simple dessin en
noir et blanc. Le design de Peter Saville n'incluait aucune photo ou aucun nom des membres du
groupe.
L'album reçut des critiques particulièrement élogieuses - meilleur disque depuis le LA. Woman des
Doors - et resta longtemps dans les classements anglais indépendants. Bizarrement, tous étaient
encore des amateurs, avec chacun un métier !

La batterie claque comme des coups de feu, sauf quand Steven délivre de furieux roulements sur ses
fûts, la basse est omniprésente, parfois menaçante, parfois plus calme, mais toujours utilisée d'une
manière tout à fait inhabituelle pour un groupe pop, avec un rôle primordial dans l'architecture des
chansons et la mélodie. La guitare joue souvent avec la basse, dans une sorte de contrepoint; le son
varie, distordu ou clair, plus ou moins aggressif, flou ou brillant et à la précision chirurgicale.
Le chant et les paroles de Ian élèvent encore le niveau : on sent que Joy Division ne triche pas, mais se dévoile et s'expose. La colère ou la peur que l'on entend dans sa voix sont simplement la vérité nue.

"I've been waiting for a guide to come and take me by the hand,
Could these sensations make me feel the pleasures of a normal man?
..." (Disorder)

"I guess you were right, when we talked in the heat,
There's no room for the weak, no room for the weak.
..." (Day of the Lords)

"Corrupted from memory,
No longer the power,
It's creeping up slowly,
That last fatal hour.
..." (Candidate)

"Guess your dreams always end.
They don't rise up just descend,
But I don't care anymore,
I've lost the will to want more,
I'm not afraid not at all,
I watch them all as they fall,
But I remember when we were young.
..." (Insight)

"A change of speed, a change of style.
A change of scene, with no regrets,
A chance to watch, admire the distance,
Still occupied, though you forget.
Different colours, different shades,
Over each mistakes were made.
I took the blame.
Directionless so plain to see,
A loaded gun won't set you free.
So you say.
We'll share a drink and step outside,
An angry voice and one who cried,
'We'll give you everything and more,
The strain's too much, can't take much more.'
I've walked on water, run through fire,
Can't seem to feel it anymore.
It was me, waiting for me,
Hoping for something more,
Me, seeing me this time,
Hoping for something else." (New Dawn Fades)

"Confusion in her eyes that says it all.
She's lost control.
And she's clinging to the nearest passer by,
She's lost control.
...
And she turned around and took me by the hand
And said I've lost control again.
And how I'll never know just why or understand
She said I've lost control again.
And she screamed out kicking on her side
And said I've lost control again.
And seized up on the floor, I thought she'd die.
..." (She's Lost Control)

"I did everything, everything I wanted to,
I let them use you for their own ends,
..." (Shadowplay).

"What did you see there?
I saw all knowledge destroyed.
I travelled far and wide through many different times.
...
What did you see there?
The blood of Christ on their skins,
I travelled far and wide through many different times.
I travelled far and wide and unknown martyrs died,
What did you see there?
I saw the one sided trials,
What did you see there?
I saw the tears as they cried,
..." (Wilderness)

"Down the dark streets, the houses looked the same,
Getting darker now, faces look the same,
And I walked round and round.
...
Had to think again,
Trying to find a clue, trying to find a way to get out!
..." (Interzone)

"Get weak all the time, may just pass the time,
Me in my own world, and you there beside,
The gaps are enormous, we stare from each side,
We were strangers for way too long.
Violent, more violent, his hand cracks the chair,
Moves on reaction, then slumps in despair,
Trapped in a cage and surrendered to soon,
Me in my own world, the one that you knew,
For way too long.
..." (I Remember Nothing)

Sur ces bases remarquables, l'apport de Hannett, incluant des synthétiseurs et du bruitage, plus un
extraordinaire travail sur le son des instruments (avec Chris Nagle) crée une atmosphère unique de
tension et de chaos.

A la fin juillet, Paul Slattery photographia Joy Division à Stockport, et le groupe donna une
interview au NME. Au même moment, il travaillait avec Martin Hannett sur deux autres morceaux
pour un single. Il repartit en tournée en août, principalement à Londres, avec Echo And The
Bunnymen et Orchestral Manoeuvres, et à Liverpool. Ian, Peter, Steve et Bernard purent quitter leur
autre job et se dédier totalement à Joy Division.

Leur performance au Leeds Futurama One festival fut grandement appréciée - ils jouèrent avec
d'autres groupes comme Cabaret Voltaire, A Certain Ratio, Public Image Limited, Orchestral Manoeuvres In The Dark ... - ainsi qu'au Nashville Club à Londres. Invités par la BBC, ils jouèrent
deux chansons pour le show TV "Something Else".
Après un autre concert à The Factory I, ils firent une tournée au Royaume-Uni en première partie des
Buzzcocks : Liverpool, Leeds, Newcastle, Glasgow, Edinburgh, Aberdeen, Dundee, Bangor,
Sheffield, Derby, Birmingham, Manchester, Leicester, Oxford, Bournemouth, Cardiff, Bristol,
London, entre autres.
Chaque nuit, le public était surpris et interpellé par la musique de Joy Division et l'intensité de leur
performance sur scène. A Liverpool le public quitta les lieux juste après la prestation de Joy Division,
comme s'il savait que rien d'aussi fort ne pourrait survenir, même si beaucoup n'avaient jamais
entendu parler du groupe. A Bristol, les gens furent totalement vidés après leur apparition. De
nombreux critiques, du NME, de Melody Maker ou de Sounds, partageaient exactement le même
sentiment. Naturellement, les Buzzcocks devinrent jaloux du succès de Joy Division...
Entre les concerts de la tournée, ils jouèrent aux environs de Manchester, et pour la première fois
hors de Grande-Bretagne, à Bruxelles.

Le groupe fut alors contacté par le vice-président de Warner Brothers Records, qui leur offrit un
million de dollars pour les signer sur son label. Rob Gretton et le groupe déclinèrent l'offre.

Le 26 novembre, Joy Division enregistra une seconde John Peel session avec Tony Wilson, qui fut diffusée quelques semaines plus tard sur Radio One.

Chapître IV - Closer :

Rob Gretton planifia une tournée en Europe pour Joy Division en décembre 1979 et janvier 1980.
Onze dates en France, aux Pays-Bas, en Belgique et en Allemagne. Le premier concert fut donné à
Paris, aux Bains-Douches : Bernard Lenoir, le John Peel français, diffusa le groupe live sur les ondes
de la radio française; puis eurent lieu un concert à Manchester dans la nuit du Nouvel An, et celui du
Paradiso à Amsterdam, où Joy Division, qui n'avait pu trouver de première partie, joua deux fois de
suite !
Les shows suivants se déroulèrent à La Haye, Nimègues, Anvers, Cologne - dans une ancienne église,
Rotterdam, Bruxelles, Eindhoven, Groningue et Berlin.
De retour en Angleterre, ils travaillèrent à la composition de nouveaux morceaux - dont "Love Will
Tear Us Apart" - et jouèrent à cinq reprises, à Londres, High Wycombe, Preston, Londres de nouveau
et Bristol, A Certain Ratio assurant la première partie.
Lors du concert de Preston, ils eurent de nombreux problèmes techniques, et Ian parla longuement
au public, pour le faire patienter!

En mars 1980, ils entrèrent aux Britannia Row Studios pour enregistrer leur second album avec
Martin Hannett. Entre temps ils avaient gravé "Atmosphere" et "Dead Souls", pour le single "Licht
Und Blindheit", dans une édition française limitée à 1578 copies.
Dans cet album, "Closer", ils fouillèrent encore plus profondément leurs pensées et leurs sentiments.
Encore une fois, le travail et le talent incroyables de Martin Hannett offrirent à la superbe musique
de Joy Division l'écrin le plus parfait.
Après l'enregistrement, en avril, le groupe donna quelques concerts : à Londres, au Moonlight Club,
et au Raibow Theatre, où les lumières, trop fortes, déclenchèrent chez Ian une terrible crise
d'épilepsie à la fin du spectacle. Mais le groupe devait donner un deuxième concert la même soirée,
à nouveau au Moonlight Club. Après un début furieux, Ian s'effondra, incapable de bouger ou de chanter.

Le groupe était déjà considéré comme culte, et toutes ses prestations étaient à deux doigts de provoquer l'émeute ou le chaos, aussi bien interne qu'externe : "Joy Division me convainc que je pourais cracher à la face de Dieu." (Neil Norman, NME).

Joy Division devait préparer sa première tournée aux US avec les Buzzcocks, et huit concerts furent
organisés à cet effet : mais la santé de Ian se détériorant, seuls cinq eurent lieu, à Malvern, Bury -
où Ian ne put tenir très longtemps son rôle, Manchester, Derby et Birmingham le 2 mai.

"Closer" devait être publié sous peu - Factory avait entre temps sorti un 45 tours flexible gratuit avec
de nouveaux titres, Joy Division devait partir pour les Etats-Unis et Warner Brothers Records leur
avait de nouveau offert un contrat d'un million de dollars, assorti d'une totale liberté artistique.

Mais Ian n'en pouvait plus : sa santé et des problèmes sentimentaux l'accablaient. Le 17 mai, il revint
dans sa maison à Macclesfield, regarda Stroszek, un film de Werner Herzog, l'histoire d'un chanteur,
un paumé, qui finit par se suicider, écouta l'album d'Iggy Pop "The Idiot" et le matin du 18 mai se
pendit dans sa cuisine. Il fut incinéré au cimetière de Macclesfield le 23 mai.

John Peel annonça la mort de Ian sur Radio One le 19 mai, et rendit hommage au groupe et à
l'homme avec "Atmosphere", qui était alors quasi-inconnu au Royaume-Uni. Peter, Steve, Bernard,
Martin et Tony étaient tout simplement anéantis par le suicide de Ian . "Closer" et le single "Love Will
Tear Us Apart" sortirent finalement à la fin de juin 1980. Les pochettes, qui avaient été choisies des
mois auparavant, étaient comme toujours designées par Peter Saville : elles incluaient deux photos
en noir et blanc de Bernard Pierre Wolff, un remarquable photographe français, prises dans le
cimetière de Gênes, Il Staglieno : un Christ mort entouré de personnes le veillant pour "Closer", et un
ange se lamentant pour "LWTUA".

"LWTUA" inclut deux versions de la chanson, car ni Joy Division ni Martin Hannett n'avaient pu se
décider sur la version qu'ils préféraient. Le titre atteignit la cinquième place des classements Indies.
Une video du morceau fut égalemnt diffusée.
La beauté et la force de "Closer" viennent de la convergence du travail intense du groupe, du monde
intérieur de Ian avant que celui-ci ne s'effondre, et des visions et de la magie de Martin.

"Asylums with doors open wide,
Where people had paid to see inside,
For entertainment they watch his body twist,
Behind his eyes he says, 'I still exist.'
This is the way, step inside.
..." (Atrocity Exhibition)

"Mother I tried please believe me,
I'm doing the best that I can.
I'm ashamed of the things I've been put through,
I'm ashamed of the person I am.
..." (Isolation)

"This is a crisis I knew had to come,
Destroying the balance I'd kept.
Doubting, unsettling and turning around,
Wondering what will come next.
Is this the role that you wanted to live?
I was foolish to ask for so much.
Without the protection and infancy's guard,
It all falls apart at first touch.
..." (Passover)

"A worried parent's glance, a kiss, a last goodbye,
Hands him the bag she packed, the tears she tries to hide,
A cruel wind that bows down to our lunacy,
And leaves him standing cold here in this colony.
I can't see why all these confrontations,
I can't see why all these dislocations,
No family life, this makes me feel uneasy,
Stood alone here in this colony.
..." (Colony)

"We fought for good, stood side by side,
Our friendship never died.
On stranger waves, the lows and highs,
Our vision touched the sky,
..." (A Means to an End)

"You take my place in the showdown,
I'll observe with a pitiful eye,
I'd humbly ask for forgiveness,
A request well beyond you and I.
...
An abyss that laughs at creation,
A circus complete with all fools,
Foundations that lasted the ages,
Then ripped apart at their roots.
Beyond all this good is the terror,
The grip of a mercenary hand,
When savagery turns all good reason,
There's no turning back, no last stand.
...
Existence well what does it matter?
I exist on the best terms I can.
The past is now part of my future,
The present is well out of hand.
..." (Heart and Soul)

"Now that I've realised how it's all gone wrong,
Gotta find some therapy, this treatment takes too long.
Deep in the heart of where sympathy held sway,
Gotta find my destiny, before it gets too late." (Twenty-four Hours)

"Procession moves on, the shouting is over,
Praise to the glory of loved ones now gone.
Talking aloud as they sit round their tables,
Scattering flowers washed down by the rain.
Stood by the gate at the foot of the garden,
Watching them pass like clouds in the sky,
Try to cry out in the heat of the moment,
Possessed by a fury that burns from inside.
Cry like a child, though these years make me older,
With children my time is so wastefully spent,
A burden to keep, though their inner communion,
Accept like a curse an unlucky deal.
Played by the gate at the foot of the garden,
My view stretches out from the fence to the wall,
No words could explain, no actions determine,
Just watching the trees and the leaves as they fall." (The Eternal)

"Here are the young men, the weight on their shoulders,
Here are the young men, well where have they been?
We knocked on the doors of Hell's darker chamber,
Pushed to the limit, we dragged ourselves in,
Watched from the wings as the scenes were replaying,
We saw ourselves now as we never had seen.
Portrayal of the trauma and degeneration,
The sorrows we suffered and never were free.
Where have they been?
Weary inside, now our heart's lost forever,
Can't replace the fear, or the thrill of the chase,
Each ritual showed up the door for our wanderings,
Open then shut, then slammed in our face.
Where have they been?" (Decades)

Les chansons semblent venir - plus que jamais - d'un autre monde, avec les paroles de Ian remplies
de doutes, d'inquiétude et de peurs, la basse bourdonnante de Peter, les riffs tranchants et acérés
de la guitare de Bernard et la batterie hypnotisante de Steve, encore une fois sublimés par l'apport de
Martin (synthétiseurs, travail sur le son ..., avec l'assistance de John Caffery et de Michael Johnson).

"Closer" atteignit la sixième place des charts anglais, et les critiques furent unanimes à le louer.
"LWTUA" monta jusqu'à la treizième place du classement des singles, et Joy Division fit la razzia du classement annuel du NME.
Bien que leur musique ne ressemblait à aucune autre, elle fut classée comme new-wave, cold-wave
ou gothic, mais quel que soit son nom, elle influença de nombreux goupes new-wave (The Cure,
Echo and the Bunnymen, U2, etc...) .

Chapître V - New Order :

Les membres du groupe s'étaient mis d'accord pour qu'en cas de départ de l'un d'entre-eux, quelle
qu'en soit la raison, Joy Division s'arrête.
Peter Hook, Stephen Morris et Bernard Albrecht (maintenant Sumner) formèrent New Order, avec
Gillian Gilbert aux claviers, Bernard prenant en charge le chant. Mais, de leur premier album, "Movement" - sombre, encore une fois produit par Martin Hannett et toujours dans la lignée de Joy
Division - à leurs chansons de danse décalées, ceci est une autre histoire, qui inclut le plus grand hit
de la musique pop : "Blue Monday".

En 1980 et 1981, Factory publia le single "Atmosphere" et l'album "Still", avec des titres rares et les
chansons du concert de Birmingham de mai 1980, qui atteignit la cinquième place des charts anglais.
En 1982 Ikon sortit une vidéo de Joy Division, filmée lors de plusieurs concerts du groupe "Here are
the young men", et en 1986 et 1987, les "Peel Sessions" furent éditées. Factory publia un CD appelé
"Substance" en 1988, avec les singles de Joy Division et quelques morceaux inédits, en même temps
qu'un autre "Substance", pour New Order celui-là. Une vidéo pour "Atmosphere" fut tournée par
Anton Corbijn, qui avait photographié le groupe à diverses occasions.

En 1995, quinze ans après la mort de Ian, une nouvelle compilation "Permanent" fut éditée, et en 1998
un coffret de 4 CD "Heart And Soul" fut commercialisé, suivi en 1999 par le concert de Preston,
"Preston 28 February 1980". Les Peel sessions furent rééditées en 2000 dans le CD "The Complete BBC Recordings", et le concert de Paris, "Les Bains Douches 18 December 1979" sortit en 2001.

De nombreux livres ont été écrits sur Joy Division, New Order et Ian Curtis dans plusieurs pays,
dont la biographie de Ian par sa veuve, Deborah.

Comme Joy Division avait conquis un public très fidèle, et atteint cette réputation de groupe culte, de
nombreux enregistrements pirates sont recensés, issus des différents concerts du groupe, à cette
époque où la musique était composée et jouée par des hommes.

Propos recueilli sur le site de Michel ENKIRI

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>>Myspace Joy Division<<
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Il existe 2 films qui parlent de Joy Division.

Le premier, "24 hours party people" traite de l'histoire de Factory Records, boite qui a managée Joy division.

Un autre film entièrement consacrée à la vie de Ian Curtis et de son groupe à vu le jour : "Control"

>>Myspace consacré au film Control<<

# Posté le mardi 17 juillet 2007 06:55

NEW ORDER

NEW ORDER
Fondé sur les cendres du groupe Joy Division, New Order émerge en 1980 à Manchester en Angleterre. Bernard Sumner (guitare/chant), Peter Hook (basse), Stephen Morris (batterie) et Gillian Gilbert (clavier) commencent par enregistrer le single Ceremony puis l'album Movement en 1981. New Order signe ensuite le hit Blue Monday qui se vend à plus de trois millions d'exemplaires dans le monde. Suit en 1983 l'album Power, Corruption and Lies. Deux ans plus tard, le groupe revient sur la label Qwest de Quincy Jones avec l'album Low-Life puis Brotherhood (1986). Le single Bizarre Love Triangle connaît un franc succès auprès du public pop. En 1987, New Order enregistre l'album Substance qui lui permet de percer aux Etats-Unis avec l'appui du titre True Faith. Suit l'album influencé par la vague house Technique. Les membres du groupe se concentrent alors sur leurs projets solo. Peter Hook forme Revenge. Stephen Morris et Gillian Gilbert fondent The Other Two. Bernard Sumner participe au groupe Electronic. New Order revient en 1993 avec l'album Republic. Dès lors, les rumeurs de séparation s'intensifient. Bernard Sumner enregistre le deuxième album de Electronic et Peter Hook forme Monaco. En 2000, New Order est présent sur la musique du film The Beach de Danny Boyle. Eté 2001, New Order revient avec un album, Get Ready. Le groupe fait un comeback très attendu en 2005, avec son 8ème opus Waiting for the Siren's Call

>>Myspace<<
>>Site officiel<<

# Posté le mardi 17 juillet 2007 07:46